PROGRAMME A MONTREUX

Le programme proposé aux JEP par Montreux est une balade entre lac et montagne, à la découverte de ces deux volets de l’attraction touristique de la Belle Epoque liée à l’eau. D’un côté, la promenade sur le lac, orchestrée par la section de
sauvetage de Montreux, associée pour cette occasion à celles de
Territet et de
Clarens.
Le quai de Vernex, devant le prestigieux Montreux Palace, prendra des allures de ginguette inspirée des cartes postales anciennes et des tableaux des Impressionnistes et offrira aux visiteurs une balade sur le lac à bord des barques en bois des sections de sauvetage locales. Une animation costumée mettra en scène la vie touristique et la navigation de plaisance dans un haut lieu de la Belle Epoque. De 10h00 à 17h00 les deux jours.
| Animation |
- Sortie des vieilles barques à rame les deux jours entre 10-17h
- Animation musicale orgue de barbarie
- Orgue à vapeur sur le Vulcania, les deux jours à 11h00
- Interventions des conteurs et conteuses costumées
- Poste de matelotage
- Concours pour tous les visiteurs costumés de l'époque 1900
- Prix surprise
|
| Restauration |
- Plat au fromage
- Saucisse à griller sur feu de bois
- Soupe au chaudron
- Bricelets
- Boissons de l'époque
- Citronnade
- Coca Cola
- Bière
- Vin du pays
|
D’autre part, pour faire pendant à l’ouverture sur le lac, un parcours féerique est proposé dans l’intimité des Gorges du Chauderon, sur les pas des nombreux touristes qui recherchaient le contact avec la nature et le dépaysement, tout en profitant de la proximité et des commodités de la « ville ». La mise en scène de la légende le Fée du Chauderon, publiée à Paris en 1893 par Louis Chardon de Chardonne, et sa lecture sur une prairie à la lisière du village de Glion, au bout d’un parcours d’une petite heure de marche accentuera la touche magique de l’excursion proposée au fil de la Baye de Montreux, torrent sauvage qui sorti plus d’une fois de son lit…
Réserve : en cas de mauvais temps, les barques seront contraintes de rester à quai et les gorges devront être interdites aux personnes mal équipées. Mais l’eau est un élément naturel et ne se commande pas….
Un service de parcage organisé par Police Riviera, sera mis en place.
- Quai Vernex. La rue de la gare sera mise en sens unique, avec le même dispositif que durant le Montreux Jazz Festival.
- Gorges du Chaudron. Nouveau dispositif de parcage de la rue du Temple.
En cas de forte affluence, l'avenue du Doyen-Bridel sera mise en sens unique, de même que la rue du Midi, où un service de parcage sera prévu. Le parking de Bon-Port sera également signalé aux visiteurs.
PLAN DE SITUATION


HISTOIRE
Les guides touristiques du 19e siècle, destinés aux visiteurs étrangers en séjour dans notre pays, vantent la beauté du paysage suisse, le climat clément même en hiver, l’air bienfaisant pour ceux qui souffrent des bronches et l’accueil discret des autochtones. Chaque région développe une offre touristique « unique », rivalisant d’ingéniosité pour rendre attractif le moindre coin de nature. Ainsi, le bosquet ombragé de Clarens devient le décor du roman de Rousseau, le château de Chillon vit à l’ombre de la prison de Bonivard.
De la grève au boulevard…
Jusqu’au milieu du 19e siècle, le bord du lac, domaine des lavandières, des pêcheurs et des bateliers, est une grève quasi ininterrompue de Clarens à Territet, dont on exploite encore le gravier des plages. L’Etat se réservant un passage pour un chemin de halage, les propriétaires édifient des murs en terrasses, s’appropriant peu à peu les bords du lac. La première opération d’aménagement ordonné a lieu à Clarens à la fin des années 1870 sur un plan d’aménagement de quais établi en 1866.
Du côté de Territet, le premier aménagement fait suite à l’établissement de la ligne du chemin de fer et doit permettre aux usagers de continuer à accéder au lac. Dès 1865 un port, excroissance d’une place de dépôt munie d’une jetée, permet aux touristes de débarquer des vapeurs de la Compagnie générale de navigation. En 1887, à l’initiative de l’hôtelier Ami Chessex, une terrasse devant le nouveau Grand Hôtel, édifié un an auparavant, permet de fermer le port côté Villeneuve.
Ces « améliorations » du littoral favorisent la promenade et les "usagers" du lac se multiplient de manière spectaculaire.. les victimes aussi. Des hommes de coeur, pêcheurs, matelots, passionnés de navigation, commencent à organiser collectivement les secours avec des moyens bien rudimentaires: gaffe, cordage...
Un important accident en 1883 entre les vapeurs le "Rhône" et le "Cygne", au large d'Ouchy, sensibilise l'opinion publique qui réclame une organisation de sauvetage comparable à celle qui existe en France sous le nom de " Société centrale de sauvetage des naufragés". Ce sera le Genevois W. Huber, colonel et industriel efficace, qui prendra les choses en main et fondera officiellement la Société de sauvetage du lac Léman (SSLL) le 6 septembre 1885, à Thonon.
Le Haut-Lac n'a pas répondu tout de suite présent au colonel Huber; la région de Vevey - Territet est déjà en plein développement touristique et les soucis sont certainement différents... Néanmoins une oreille attentive à Territet, en la personne d'Ami Chessex, hôtelier influent sur la Riviera, reconnaîtra le bienfondé et l'utilité du sauvetage devant les grands Hôtels en construction.
Dans le courant du mois de juillet 1886, la section de Territet est fondée sous le nom de La Dame du Lac et demande son admission à la nouvelle société. Territet organise bientôt une équipe à Vernex et à Villeneuve. A Clarens, la section Mon Devoir est fondée en 1887. A Montreux, c’est Alexandre Emery, beau-frère d'Ami Chessex, hôtelier lui aussi, qui prend part aux débuts de la section. Une demande en bonne et due forme est adressée à la commune du Châtelard le 28 juillet 1893 et le 6 août 1893 à Yvoire, la section est admise au sein de la SSLL sous le nom de La Vigie, en même temps que la section de Villeneuve.
Dès lors, les sections de sauvetage n’auront de cesse de s’équiper de bons bateaux, de rameurs costauds et de bonne volonté au service des imprudents, mais aussi des bateliers qui sillonnaient le Léman à bord de leurs barques aux voiles latines si romantiques, chargées à ras bord, parfois à la limite de chavirer, de matériaux de construction, de pierres de Meillerie, de briques ou de bois destinés aux chantiers de la Belle Epoque.
Evénement animé par les sociétés de Sauvetage, Montreux, Clarens et Terrritet
Texte: Evelyne Lüthi-Graf, archiviste historienne
Photos: Archives de Montreux