CODE D'HONNEUR
ORA MARITIMA
LES RÉGIONS MARITIMES
AVIENUS RUFUS FESTUS


On m'a raconté q'un texte grecque aujourd'hui disparu, qui concernait le Rhône, était traduit par un écrivain romain du nom Avienus Rufus Festus. Un moine au moyen age aurait soigneusement enlevé l'encre de ce document pour copier des textes religieux. C'est ainsi que le support en parchement nous est parvenu à travers des temps. Le texte d'origine en latin était encore lisible à travers d'une technique d'illumination qui produisait un ombre du relief.

Voici un extrait.


sed quasi exposcit locus
Rhodani ut fluentum plenius tibi disseram.
stili immorantis patere tracta, mi Probe.
quippe amnis ortum, gurgitis lapsum vagi, 625
quas iste gentis lambat unda fluminis
quantoque manet incolis compendio
et ostiorum fabimur divortia.
nivosum in auras erigunt Alpes iugum
a solis ortu et arva Gallici soli 630
intersecantur scrupeo fastigio
et anhela semper flabra tempestatibus.
effusus ille et ore semet exigens
hiantis antri vi truci sulcat sola
aquarum in ortu et fonte primo naviger 635
at rupis illud erigentis se latus,
quod edit amnem, gentici cognominant
solis columnam. tanto enim fastigio
in usque celsa nubium subducitur
meridianus sol ut oppositu iugi 640
conspicuus haut sit, cum relaturus diem
septentrionum accesserit confinia.
scis nam fuisse eius modi sententiam
Epicureorum: non eum occasu premi,
nullos subire gurgites, numquam occuli, 645
sed obire mundum, obliqua caeli currere,
animare terras, alere lucis pabulo
convexa cuncta et invicem regionibus
certis negati candidam Phoebi facem.
resi . . . . . . . . . . . . . . 650
* * *
* * *
* * *
meridianam cum secuerit orbitam,
cum lumen axi Atlantico inclinaverit, 655
ut in supremos ignem Hyperboreos agat,
Acaemenioque semet ortui ferat,
discreta in aethrae flectitur curvo ambitu
metamque transit. cumque nostro obtutui
iubar negarit atra nox caelo ruit, 660
caecaeque nostra protinus tenebrae tegunt.
dies at illos clara tunc inluminat,
septentrione qui superposito rigent.
cum rursus umbra noctis arctoos habet,
genus omne nostrum splendidum ducit diem. 665
meat amnis autem a fonte per Tylangios,
per Daliternos, per Clahilcorum sata
Lemenicum et agrum - dura sat vocabula
auremque primam cuncta vulnerantia,
sed non silenda tibimet ob studium tuum 670
nostramque curam. panditur porro in decem
flexus recursu gurgitum. stagnum grave,
plerique tradunt, inserit semet dehinc,
vastam paludem, quam vetus mos Graeciae
vocitavit Accion, atque praecipites aquas 675
stagni per aequor egerit. rursum effluus
artansque sese fluminum ad formam, dehinc
Atlanticos in gurgites, nostrum in mare
et occidentem contuens, evolvitur
patulasque harenas quinque sulcat hostiis. 680
Arelatus illic civitas attollitur,
Theline vocata sub priore saeculo
Graio incolente. multa nos Rhodano super
narrare longo res subegerunt stilo.
at numquam in illud animus inclinabitur, 685
Europam ut isto flumine et Libyam adseram
disterminari. Phileus hoc quamquam vetus
putasse dicat incolas. despectui
derisuique inscitia haec sit barbara
et competente denotetur nomine. 690
cursus carnae biduo et binoctio est.
gens hinc Nearchi Bergineque civitas,
Salyes atroces, oppidum Mastrabalae
priscum paludis, terga celsum prominens,
quod incolentes Cecylistrium vocant, 695
Massilia et ipsa est, cuius urbis hic situs:
pro fronte litus praeiacet, tenuis via
patet inter undas, latera gurges adluit,
stagnum ambit urbem et unda lambit oppidum
laremque fusa civitas paene insula est, 700
sic aequor omne caespiti infudit manus.
labos at olim conditorum diligens
formam locorum et arva naturalia
evicit arte. siquae prisca te iuvat
haec in novella nominum deducere.... 705
Mais il est nécessaire que je te donne
plus de détails sur le fleuve du Rhône.
Souffre que je m'arrête, sur ce sujet, Probus :
nous dirons la naissance du fleuve, son cours vagabond, 625
quelles nations il baigne de ses flots,
quel grand avantage son cours procure aux habitants,
et ses différentes embouchures.
Du côté de l'orient, les Alpes
dressent dans les airs leurs pics neigeux ; 630
les campagnes de la Gaule sont
coupées par cette chaîne de montagnes, et les vents y soufflent toujours la tempête.
et se répandant à travers la campagne,
y creuse son lit par la violence de son courant ; il est navigable 635
à sa naissance et dès son apparition.
Le flanc de la haute montagne qui donne naissance au fleuve est appelé par les naturels
Colonne du Soleil ; sa tête monte si haut
dans la région des nuages,
qu'elle cache aux regards le soleil à son midi, 640
quand il s'approche des limites du
septentrion pour porter le jour.
Car tu sais que telle était l'opinion des
Epicuriens ; que le soleil ne plonge pas sous l'horizon,
qu'il ne s'enfonce dans aucune mer, qu'il ne se cache jamais, 645
mais qu'il fait le tour du monde, suit une course oblique dans le ciel,
donne la vie à la terre, nourrit de sa lumière bienfaisante l'immensité des cieux ;
que Phébus refuse tour à tour à certaines régions son ardent flambeau : 650
***
une montagne s'y oppose avec son haut sommet qui,
se prolongeant depuis l'occident jusqu'à l'extrême septentrion,
divise en deux parties l'étendue du monde et la route du soleil.
Lorsque le soleil a dépassé son midi,
qu'il a incliné sa lumière vers l'Atlantique, 655
afin de porter ses feux chez les Hyperboréens les plus reculés,
et de reparaître pour les contrées de la Perse,
il se dirige, suivant la courbe du cercle,
vers cette autre partie de l'espace, il dépasse la limite du mont, et quand il a dérobé son éclat à notre vue, 660
une sombre nuit descend du ciel, d'épaisses ténèbres couvrent aussitôt nos climats ;
mais alors un jour brillant éclaire ceux qui habitent
au-dessus de nous le rigoureux septentrion.
Quand de nouveau l'ombre des nuits enveloppe l'ourse,
toute notre race jouit d'une lumière éclatante. 665
De sa source le fleuve coule à travers les Tylangiens,
les Daliternes, les champs des Chabilques
et le territoire céménique
(mots assez durs
et qui d'abord blessent l'oreille,
mais que je ne dois pas te taire, à cause de ton ardeur pour l'étude 670
et de mon zèle) ; puis il décrit, par des retours sur lui-même,
dix sinuosités : plusieurs rapportent qu'alors c'est un étang immobile.
De là il entre dans un
vaste lac, que les Grecs
ont coutume de nommer Accion, et il pousse ses flots 675
impétueux à travers le lac tranquille ; il en sort ensuite,
se resserre en un lit à la manière des autres fleuves, puis il roule vers les abîmes
Atlantiques,
regardant à la fois notre mer
et l'occident, et creuse
la vaste grève de cinq embouchures. 680
Là s'élève la cité d'Arelate,
appelée Théline à une époque plus ancienne,
quand les Grecs l'habitaient. Bien des motifs
nous ont engagé à écrire longuement sur le Rhône.

Mais jamais mon esprit ne se pliera 685
à affirmer que ce fleuve sert de séparation à l'Europe et à la Libye,
quoique l'ancien Philée dise que telle était l'opinion des habitants :
cette ignorance barbare
ne peut qu'exciter nos mépris et nos rires ;
il faut lui donner le nom qu'elle mérite. 690
Après une navigation de deux jours et de deux nuits,
on trouve les Véragres, la ville de Bergine,
les Salyes féroces, l'ancienne ville du marais Mastramèle,
un promontoire à la croupe élevée,
que les habitants appellent Citharistium, 695
et Massilie elle-même, dont voici la position :
devant un lac s'étend le rivage de la mer ; un chemin étroit
s'ouvre entre les eaux ; la mer en baigne les flancs,
le lac entoure la ville, et les eaux se répandent même
dans les rues et dans les maisons ; la cité est presque une île. 700
Ainsi la main des hommes a fait pénétrer la mer dans les terres,
le travail assidu des anciens fondateurs a triomphé
à force d'art de la forme des lieux et de la nature
du territoire. S'il te plaît de changer
les anciens noms en nouveaux .........[Le reste manque.] 705


LES RÉGIONS MARITIMES
Numérisé par Thierry Vebr
Avienus, Rufus Festus
Description de la Terre ; Les régions maritimes ; Phénomènes et pronostics d'Aratus, et pièces diverses trad. par MM. E. Despois et Ed. Saviot, .... Itinéraire de Cl. Rutilius Numatianus, poème sur son retour à Rome trad. nouv par M. E. Despois,.... Poésies diverses sur l'astronomie et la géographie trad. par M. Edouard Saviot,.. C. L. F. Panckoucke, 1843 (Bibliothèque latine-française ; seconde série)


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