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Trois navigateurs se noient27 avril 2004Un voilier a coulé dimanche dans des circonstances inconnues. Les corps des deux équipiers ont été repêchés, mais celui du barreur n'est toujours pas localisé. «C'était un équipage expérimenté, qui avait l'habitude de sortir par tous les temps.» Profonde tristesse et incompréhension, ces deux sentiments accablent la Société nautique de Rolle (VD) et son président, Boudewijn Van Doorn, endeuillés depuis dimanche par le décès de trois des leurs. Partis s'entraîner en début de matinée sur le Petit-Lac, ils ne sont en effet jamais revenus. Ce n'est qu'en début de soirée que deux corps étaient repêchés au large de Nyon par les sociétés de sauvetage suisses et françaises. Le corps du barreur, également propriétaire du bateau, n'a pas été retrouvé. De même que l'embarcation, un 5,50 m JI (jauge internationale) La Société nautique de Rolle était en effervescence dimanche matin. Amarré au bout de l'un des pontons du port, l'équipage d'un voilier sportif de 9 mètres de long tente de rejoindre les six autres embarcations qui l'attendent sur la ligne de départ de la première régate de la saison. Une manoeuvre délicate, compte tenu de la bise qui souffle alors à 55 km/h. «Etant donné qu'ils tardaient, j'ai fini par donner le départ sans eux», explique François Wurlod, responsable des régates. Plutôt que de rester à quai, ils décident alors de partir s'entraîner. Il est 10 h 45. La forte bise représente une aubaine pour le barreur, un Rollois de 30 ans et ses deux équipiers, un Morgien de 37 ans et un Genevois de 33 ans. Mais, en milieu d'après-midi, personne n'a de leurs nouvelles. Inquiet de ne pas voir revenir l'équipage, le président de la Société nautique tente de joindre le barreur sur son téléphone portable. A 16 h 07, après plusieurs essais infructueux, il appelle la police du lac, qui alerte les sociétés de sauvetage et la REGA. A 18 h 30, les occupants de l'hélicoptère aperçoivent deux corps qui flottent à la surface des eaux froides du Léman, portés par leurs deux gilets de sauvetage. Une recherche difficile, compte tenu des creux, qui atteignaient parfois un mètre de hauteur. A 21 heures, les recherches entamées pour retrouver le troisième homme et l'épave du bateau étaient interrompues. C'est sans succès qu'elles ont repris hier, dans des eaux profondes de 80 mètres. L'autopsie déterminera si les victimes sont mortes d'hypothermie (n.d.l.r.: dans des eaux à 10 degrés, l'espérance de vie est d'environ 10 minutes) ou de noyade. Mais son résultat ne lèvera probablement pas le voile sur les circonstances de l'accident. Comment le bateau a-t-il coulé? «Il est possible qu'il ait pris trop d'eau lors d'un virement, ou que le mât, s'il s'est cassé, ait perforé la coque, avance Boudewijn Van Doorn, qui souligne que l'embarcation était bien entretenue. Il doit s'agir d'un problème technique. Ce sont des bateaux qui se couchent mais qui ne chavirent pas, car ils ont une tonne de lest en dessous (n.d.l.r.: la moitié du poids du voilier)». Le barreur portait-il un gilet de sauvetage? L'avait-il enlevé pour mieux nager? «C'est possible, concède le président de la société nautique. C'était quelqu'un de très athlétique, il a peut-être tenté de s'en sortir à la nage.» Les trois hommes auraient-ils dû renoncer à sortir dimanche? «Il ne s'agissait pas de conditions extrêmes, répond François Wurlod. Ces événements nous rappellent malheureusement que le lac reste un terrain de jeux dangereux.» |
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