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Les envahisseurs débarquent18 juillet 2006LACS
- La mondialisation et l’augmentation des communications, des dizaines d’espèces
animales ou végétales concurrencent nos plantes et nos animaux. Portraits
lacustres.
Tadorne casarca:
A l'origine, ce canard vit en Asie centrale, en Afrique du Nord et en Europe du
Sud-Est. Les spécimens qui nichent en Suisse proviennent de parcs, où ils étaient
en captivité. Aujourd'hui, l'animal se trouve un peu partout sur le plateau,
notre pays étant le principal lieu de reproduction en Europe occidentale. Cette
évolution suscite des soucis, car le nouveau venu peut menacer d'autres espèces.
«Les mâles vont jusqu'à voler le nid des rapaces», commente ainsi François
Turrian, directeur du Centre nature La Sauge, à Cudrefin.
Erismature rousse: Ce
canard est originaire d'Amérique. Les individus que l'on rencontre en Suisse
proviennent de populations de Grande-Bretagne et du nord de l'Europe, qui se
sont échappées dès le milieu du XXe siècle. Un plan d'action international
prévoit des mesures rigoureuses contre cette espèce, qui entre en concurrence
avec son homologue européenne, l'érismature à tête blanche. Cette dernière,
menacée d'extinction, ne se trouve plus que dans la péninsule ibérique. Or,
les deux cousines ont tendance à s'accoupler, entraînant la disparition de la
variante européenne.
Canard mandarin: Les ornithologues peuvent l'admirer sans arrière-pensée! Originaire de Chine, ce palmipède s'est lui aussi échappé de parcs où il était détenu. Quelques reproductions se sont faites dans la nature, et l'animal a été observé sur l'Aubonne, l'Orbe ou encore au bord du lac de Neuchâtel. Mais la population de canards mandarins reste stable en Suisse, et ne pose pas de difficulté particulière aux «locaux».
Black-bass: Seuls
quelques spécimens ont été pêchés dans le lac de Neuchâtel. «Pour
l'instant, ils ne sont pas assez nombreux pour représenter un danger, précise
le biologiste Blaise Zaugg. Mais le risque, c'est qu'ils trouvent le milieu à
leur goût.» Originaire d'Amérique, le black-bass est un prédateur résistant
et prolifique: il possède donc toutes les armes pour voler la place des espèces
locales!
Du sandre à la truite
arc-en-ciel: Nos lacs accueillent 18 espèces de poissons originaires
d'autres contrées et 36 indigènes alors que 8 ont déjà disparu. Vous pourrez
ainsi croiser dans nos eaux le poisson-chat, débarqué d'Amérique du nord, et
quelques poissons rouges asiatiques, même s'ils ne sont pas très envahissants.
La truite arc-en-ciel, elle, a été introduite pour favoriser la pêche. Importée
d'Amérique, elle n'était pas censée se reproduire, ce qu'elle a tout de même
fini par faire. Quant à l'aspe, son apparition est bien plus naturelle: vivant
dans le bassin du Rhin, il frappe à la porte depuis que le fleuve a été
assaini et que des échelles à poissons ont été aménagées. Ecrevisse américaine: Cinq
espèces non-indigènes d'écrevisses peuplent les eaux helvétiques, contre
trois locales. L'américaine, notamment, a été introduite pour compenser la
diminution des effectifs du coin. Malheureusement, elle prolifère «de façon
invraisemblable», comme le dit Blaise Zaugg. Et cela d'autant plus qu'elle est
porteuse saine d'un virus fatal aux locales.
Moule zébrée: Dans les
années septante, ce mollusque a colonisé lacs et canaux suisses, au point de
former plusieurs épaisseurs au fond de l'eau et d'empêcher la reproduction
d'autres espèces. Selon Blaise Zaugg, il a été transporté depuis la mer
Caspienne par les bateaux qui utilisaient de l'eau comme lest. L'impression du
biologiste, toutefois, est que, depuis quelques années, cette population
stagne. Pas de quoi se réjouir puisque, selon l'ATS, une moule bivalve
d'origine asiatique, la corbicula, a été observée depuis deux ou trois ans
dans le lac de Neuchâtel.
CAROLINE ZUERCHER Textes parus dans 24 heures - Images Internet |
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