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Il entre dans le lac tout habillé, nage vers le large, et coule a pic.
6 décembre 2006
MONTREUX
-
Un homme s'est noyé hier
devant l'Eurotel, à une vingtaine de mètres des quais. L'opération de sauvetage
a mis en émoi des dizaines de passants.

LES RECHERCHES Les nombreux
plongeurs alertés ont achevé leurs recherches alors que la nuit était
tombée. / GBz
En cette saison, l'eau du
lac est à 10 degrés. Le délai de survie y varie de cinq à dix minutes. Quinze au
maximum. Hier, peu après 16 h 30, un homme s'est mis à l'eau juste devant l'Eurotel.
Le drame n'a apparemment eu que deux témoins directs. Une personne qui loge au
dixième étage de l'hôtel et une dame, que la police a auditionnée sur les quais.
Retrouvé à 20 mètres de fond
L'homme, d'âge adulte, 30 à 40 ans peut-être, déambulait en costume. Il s'est
mis à l'eau tout habillé et a commencé à nager en direction du large. A une
vingtaine de mètres des quais, il a disparu. A cet endroit, le fond est incliné
à 45 degrés. Les plongeurs retrouveront le malheureux à quelque 20 mètres de la
surface. Si le drame a eu peu de témoins, l'opération de sauvetage a mis en émoi
des dizaines de passants - promeneurs profitant du beau temps, chalands revenant
du Marché de Noël, à une centaine de mètres de là, ou S'y rendant. Policiers
communaux et cantonaux, ambulance, pompiers (pour assurer l'éclairage), bateaux
des sections de sauvetage (quatre), vedette de la Brigade du lac ont convergé
sur les lieux durant les trois quarts d'heure qui ont suivi l'alerte. Un
hélicoptère de la Rega a également survolé le site à quatre reprises, avant
d'aller se poser au Pierrier, à Clarens. Vers 18 h, les plongeurs ont commencé à
ratisser le secteur. Le malheureux a été remonté vers 18 h 30. Il n'y avait plus
rien à faire pour lui.
FRIDOLIN
WICHSER
Textes
et images parus dans 24 heures
«Sur le lac, les sauveteurs sont bénévoles; leur travail est exemplaire»
7 décembre 2006
MONTREUX
- Tout a-t-il été
fait pour sauver le malheureux qui s’est jeté dans le lac avant-hier? Oui: les
spécialistes sont formels.

L’INTERVENTION
L’opération a été menée dans les règles, souligne Jean-Christophe Sauterel. Qui
rend un hommage appuyé aux sociétés de sauvetage. / MAFI
«On ne peut pas
sauver un noyé - sauf s'il se trouve à proximité un témoin de la scène compétent
et ayant les bons réflexes. Et encore: si la personne en détresse n'est pas en
bonne condition, n'a pas de moyen de surnager ni la volonté de survivre, ses
chances sont infimes.»
Le porte-parole de la police cantonale (et membre d'une société de sauvetage)
Jean-Christophe Sauterel est formel: il aurait fallu un miracle pour sauver
l'homme qui s'est élancé tout habillé dans le lac avant-hier, devant l'Eurotel
de Montreux. Surtout qu'il se confirme qu'il s'agissait d'un acte désespéré.
Sur place, des témoins de l'opération de sauvetage s'étonnaient du temps mis par
les différents intervenants à arriver sur les lieux. Sur le thème: «A l'heure où
les pompiers peuvent être sur place en cinq minutes, pourquoi faut-il une
demi-heure aux plongeurs?»
Sur le lac, le secours est assuré par les sociétés de sauvetage. Or, «les seuls
bénévoles dans l'histoire, c'est nous», rappelle d'abord Olivier Durgniat,
président de la «La Dame du lac», la société de sauvetage de Territet. «Pour des
bénévoles, l'alerte est tombée à la plus mauvaise heure: je conduisais encore un
train, la plupart étaient sur la route entre leur travail et leur domicile.
Police et ambulanciers ont un service de piquet. Les pompiers ont certes un
statut de semi professionnels, mais ils doivent pouvoir quitter leur travail dès
l'alerte.»
La police de Montreux a été alertée vers 16 h 45. Pour quelques mois encore,
c'est elle qui relaie l'alarme aux sociétés de sauvetage - par pager et SMS. Ce
rôle sera bientôt repris par la Centrale d'engagement téléphonique de la police
cantonale.
Les sections de sauvetage de la région ont reçu l'alarme dès 17 h. Les premiers
bateaux étaient sur place vers 17 h 45. Et entre-temps? «Il faut se rendre au
local, réunir le matériel. Un plongeur met dix à quinze minutes pour s'équiper.
Mais il doit aussi se préparer psychologiquement. On sait à quoi s'attendre,
mais ça n'est pas à la portée de tout le monde», explique Olivier Durgniat. Qui
a par contre trouvé le temps long à attendre la Brigade du lac avant de pouvoir
commencer les recherches - et de trouver le corps en sept minutes.
Là encore, Jean-Christophe Sauterel est formel: «La recherche d'un cadavre n'est
plus un sauvetage, mais une opération de police.»
FRIDOLIN
WICHSER
Textes
et images parus dans 24 heures
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